Un mal qui n'en finit pas, on est ébloui, aveuglé, pincé à la gorge, on manque de s'étouffer si l'inspiration est trop forte. Le silence est oppressant, et le bruit est si brutal. Le repos nous attire mais le sommeil est docile, l'activité nous déplaît, mais elle est le seul divertissement qui nous fasse oublier quelques instants le mal. La guérison est loin d'être facile. La santé est méconnaissable, la maladie trop familière à notre goût. Les minutes sont longues; les secondes qui émanent de la trotteuse de cette foutue horloge résonnent comme les cloches d'une église qui improviseraient Hells Bells...
La lâcheté nous envahi, nos mouvements sont rouillés, nos membres sont courbaturés, des frissons parcours notre corps. Le froid qui me recouvre me murmure "Je suis la sueur froide de Jack". Mon mal devient un narrateur anonyme qui se met à parler à ma place. Le nom de Tyler Durden me viendrait presque à l'esprit si je ne connaissais pas sa provenance réelle...
Je suis installé confortablement, une lueur s'infiltre par des orifices, c'est agréable. Je prends possession de tout ce qui m'entoure, conscient ou non, cela m'est égale. On essaye de me repousser, de me mettre dehors, mais je ne bouge pas. Je suis bien ici. Je suis chez moi, ici... Je suis le mal de tête de Jack.